Sélectionner une page

La FNSEA a des positions très ambiguës qui brouillent trop souvent son image et altèrent certainement sa crédibilité  auprès des agriculteurs. Au regard de la dernière action syndicale engagée contre les importations d’huile de palme, certains devraient légitimement s’interroger à double titre.

 On se souvient que lors de la campagne électorale présidentielle, le syndicat, chantre du mondialisme,  s’est voulu le pourfendeur du protectionnisme intelligent,  défendu par Marine Le Pen. Aujourd’hui, la FNSEA sans vergogne, nous explique qu’il faut protéger la filière colza et donc faire du protectionnisme ! On aimerait que le discours soit clair et qu’il porte sur toutes les filières agricoles françaises, fruits, légumes, avicoles, élevage …pour lesquelles nous ne sommes plus autosuffisants. Ce choix précis du sujet de mécontentement et d’action, fait naître  une deuxième interrogation.

Certains moins conscients de l’importance du colza dans la production nationale de nourriture animale,  pourraient s’interroger sur l’intervention de décideurs qui pousseraient nos paysans à bloquer des raffineries. Il n’est pas sûr d’ailleurs qu’il y ait une perception positive de cette action. D’abord, parce qu’elle risque d’écorner un peu plus l’image de l’agriculture.  En effet l’action engagée ne visant pas à défendre l’agriculture nourricière mais la production de biodiésel pause problème. D’autre part, ne plane-t-il pas dans cette affaire, l’influence d’industriels de l’agro-industrie afin d’utiliser une « base syndicale» aux aboies, plus pour sauver le soldat « groupe Avril (groupe de production de biodiésel dirigé de 2000 à son décès en 2017, par l’ancien président de la FNSEA) que pour sauver le paysan français?

Un choix va devoir s’imposer et c’est une question de vie ou de mort pour notre modèle d’agriculture d’excellence : protection intelligente de la production et des consommateurs ou mondialisation?

 

Frédéric FABRE

Conseiller régional Grand Est

Membre de la commission agriculture.